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Robotisation et automatisation de l’économie : comment financer notre système social

Cela n’aura échappé à personne, nous sommes en pleine crise sociétale, que ce soit au niveau civilisationnel, sociologique ou économique. Ces transformations de nos sociétés occidentales, laissent de plus en plus de nos concitoyens sur le bord de la route. Le monde du travail n’est pas épargné et l’ultra violence des manifestations sociales actuelles, si elle semble totalement disproportionnée avec le texte de loi «El Khomri »  est particulièrement représentative de la société anxiogène dans laquelle nous vivons. La violence apparait le plus souvent avec le désespoir.

 

En effet, avant d’avoir des jugements trop hâtifs sur la situation, il convient de s’attarder sur un fait :
85% des français gagnent moins de 1194 € net par mois quand le seuil de pauvreté avoisine les 1000 € net dans notre pays.

 

Les revenus et le pouvoir d’achat des français et des françaises ne cessent de décroitre et s’alignent de plus en plus sur le mètre étalon qu’est devenu le SMIC.

Les ménages sont de plus en plus fragiles se retrouvant à la merci du moindre accident de la vie.

Une anxiété encore plus grande, voir une peur primaire peut également s’emparer de nos concitoyens devant le futur « radieux » que tentent de leur vendre les grandes multinationales et les chantres du progressisme.

 

Mélange de robotique et de transhumanisme, paradis des machines intelligentes et enfer programmé pour les populations, surtout les moins formées, les plus âgées, les plus précaires, les plus fragiles.

De plus en plus d’emplois vont être détruits pour les salariés puisque remplacés par des robots et des automates.

 

Nous avons déjà tous pu constater la disparition massive d’emplois dans les stations-services, les transports en commun, les stations de péages, les banques, les supermarchés, demain les taxis et les vtc autonomes…Miracle technologique pour les uns, chômage de masse pour les autres….

Un problème majeur se pose donc à nous, des salariés humains sont évincés par des machines automates pour lesquels aucune charge sociale n’est prélevée.

 

Les salariés sont donc « licenciés » ou non embauchés, leurs emplois ne disparaissent pas, mais ils sont remplacés dans leurs fonctions par des machines qui ne cotisent ni pour l’assurance chômage, ni pour l’assurance maladie et encore moins pour l’assurance retraite.

Il est évident qu’un automate d’autoroute qui remplace environ 6 personnes si l’on compte les repos compensatoires et n’est assujetti à aucune charge sociale, ne permettra pas, de financer la formation et la transition vers l’emploi de ces 6 salariés dans le futur.

 

C’est d’ailleurs la conclusion du FMI qui dénonce dans une note récente le fait que 9 chômeurs français sur 10 n’ont aucune chance de retrouver un emploi en raison de leur manque de formation, de leur manque de mobilité ou de la disparition pure et simple de leur métier.

Bien évidemment de nouveaux métiers seront inventés dans le futur, nous connaissons l’argument et nos concitoyens aussi, mais en attendant le futur, ils ont besoin d’élever leurs enfants et de se nourrir dans le présent.

 

Il est du devoir des hommes politiques et des gouvernements d’être visionnaires pour une fois et d’accompagner nos concitoyens dans le cadre de cette révolution technologique.

Une théorie politique déjà ancienne revient au goût du jour et illustre parfaitement la période que nous sommes en train de vivre, le « revenu universel » de la naissance à la mort.

Cette idée simple et trans-partisane est aujourd’hui largement plébiscitée par les peuples européens, (64% d’opinions favorables), consiste à donner à chaque citoyen, dès sa naissance, un revenu forfaitaire, identique pour tous, individuel, universel et inconditionnel.

Le revenu universel s’impose peu à peu en Europe comme une nécessité absolue pour minorer les effets néfastes (temporaires ou non) liés à cette transformation majeure du monde du travail dans nos sociétés occidentales.

 

Si le revenu universel ne semble pas poser de problème quant à son acceptation par les peuples européens, une difficulté majeure subsiste, comment financer de manière viable un système avec un nombre de bénéficiaires toujours plus importants et un nombre de cotisants toujours plus faible.

Plusieurs solutions sont envisageables :

 

La première qui est malheureusement la plus utilisée par notre gouvernement consisterait à augmenter la fiscalité sur le travail, ce qui bien sûr dans un système fiscal déjà extrêmement pesant pour ne pas dire confiscatoire, ne serait absolument pas viable.

 

La seconde solution consisterait à se pencher sur l’assujettissement des robots et automates aux charges sociales de manière proportionnée au nombre d’emplois salariés remplacés.
Cette solution permettra pour le moins de ne plus subir la double peine sociale que représente l’augmentation du chômage et des pré-retraites et la baisse des ressources nécessaires pour les financer.
Cependant elle porte en elle un défaut majeur, celui de ne pas rendre pérenne notre système social puisque l’assiette de cotisants ne sera pas suffisante, elle permettra juste de freiner l’hémorragie.

 

La solution la plus logique est donc de changer totalement notre système fiscal et de ne plus prélever de charges sociales sur la base du travail mais sur un taux universel payé par tous, salarié ou non : les ménages.

 

La mise place d’une TVA sociale permettrait non seulement d’équilibrer les dépenses et les recettes, de créer une stabilité fiscale demandée par toutes les entreprises mais également de financer le revenu universel qui va devenir très rapidement vital à la survie de nos sociétés.

 

Il est irresponsable de laisser la France et l’Europe sombrer dans la violence sociale actuelle en s’arque boutant sur de fausses postures de fermeté qui ne mènent nulle part.

 

Nous devons être force de proposition pour l’avenir de nos concitoyens et mettre rapidement en place les mesures qui s’imposent pour le bien de tous.
 

Cyrille Dalmont

Juriste en Droit Public

Membre de l’Avant-Garde (69)

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4 Commentaires

  1. Lomig Unger dit :

    Bonjour
    qu’il me soit permis de critiquer l’argumentation de cet article, dont la logique me parait spécieuse.
    « Un problème majeur se pose donc à nous, des salariés humains sont évincés par des machines automates pour lesquels aucune charge sociale n’est prélevée. »
    C’est un vieux débat, sans cesse réactivité, et qui a pourtant déjà été tranché par la réalité : l’évolution des techniques ne supprime pas des emplois, elle force chacun à s’adapter, et accompagne l’évolution naturelle des choses, des techniques, des métiers, etc. A vous entendre, il aurait fallu interdire le développement de l’électricité pour ne pas ruiner les fabricants de chandelles ? (j’utilise cet exemple en clin d’oeil à celui de Bastiat http://bastiat.org/fr/petition.html).
    La manière dont se passent les choses n’est pas celle mentionnée dans l’article. L’installation d’un automate au péage de l’autoroute ne supprime pas 6 emplois. Cet automate, il a bien fallu le concevoir, le développer, le vendre, et il faudra l’entretenir l’améliorer, le remplacer, etc.. La balance n’est certainement pas -6…
    Par ailleurs, vous décrivez le RMU comme étant inéluctable ; cela me parait tout à fait douteux. en tout cas discutable. …

  2. Cyrille Dalmont dit :

    Pour Lomig Hunger

    Ce qui est spécieux, c’est de comparer deux situations qui n’ont rien à voir.

    Les fabriquants de chandelles ont été remplacés par des humains, pas par des robots.

    « Bien évidemment de nouveaux métiers seront inventés dans le futur, nous connaissons l’argument et nos concitoyens aussi, mais en attendant le futur, ils ont besoin d’élever leurs enfants et de se nourrir dans le présent. »

  3. JARRIN Philippe dit :

    J’aime la façon dont vous posez le problème : Si la moitié des emplois actuels disparaissent bientôt grâce à l’automatisation, qu’allons nous faire ? La TVA sociale est une piste, un revenu inconditionnel est une piste, et beaucoup de créativité pour trouver des activités utiles et intéressantes, écologie, recyclage, réparations et lutte contre l’obsolescence programmée, anciens métiers manuels pour le tourisme ou la vente, restauration des anciens villages et bâtisses de charme, promotion de la permaculture et de l’agriculture locale hors pétrole, de l’agriculture urbaine hors sol … Le marché livré à lui même se détruit lui même : un seul gros automate produit tout pour des chômeurs qui ne peuvent rien acheter !

  4. BOCQUILLET dit :

    LA TVA sociale est une fausse bonne idée, car elle ne peut rapporter que 9 milliards d’euros au maximum , alors qu’il faut 631 milliards d’euros pour financer les comptes sociaux

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