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Macron en Algérie

Tout à l’appréciation du goût de mon café matinal, j’apprends à la lecture du journal de ce jour qu’Emmanuel Macron est en visite à Alger. Hier Manuel, aujourd’hui Emmanuel….ils y vont tous ! Un peu comme à Canossa ?

 

Alors comme tout ce qui touche à l’Algérie m’intéresse et m’interpelle, surtout quand il s’agit d’évoquer celle où je suis né en 1961, c’est à dire l’Algérie alors française, je lis attentivement le court article consacré à cette visite car il est notamment écrit en gros caractères gras que le candidat – « ni droite ni gauche », mais pas du centre non plus (de la lune peut être alors….) – mesure « le poids du passé » !

 

« Le poids » ! Quel poids ? Quel sens lui donne- t-il? Car il y a « poids » et « poids », tout comme poids de forme et surpoids. Tout est question de nuances et pour ce qui en est des sentiments franco-algériens « de nuances sacrément nuancées ». Faudrait pas se fâcher tout de même…

 

Bref, pour ce qui me concerne, le poids auquel je pense à ce moment- là de ma lecture est celui du poids sur la langue qu’il faut tourner 7 fois dans la bouche avant de causer dans les micros, de l’Algérie, là-bas comme ici, puis surtout celui de l’amertume…

 

Mais bon, au-delà de questions de poids et d’arrière-goûts, ce qui me reste en travers du gosier c’est quand je lis en fin d’article le propos du leader en marche (sur l’eau entre les 2 rives de la Méditerranée) citant « les millions de binationaux, d’Algériens vivant en France, qui sont un pont vivant, qui sont cette mémoire commune et parfois déchirée »………….Ben alors, quel poète !

 

Mais il semble qu’Emmanuel, comme bien d’autres de ses prédécesseurs allant se faire une « carrure » au bled, l’ait bien oublié – mais nous sommes habitués depuis 55 ans à faire partie des oubliés de l’Histoire – les algériens (sans A majuscule) au sens de ce que Camus et ses contemporains estimés être les « fils du bled », algériens d’origine européenne que l’Histoire a retenus sous le nom de Pieds-Noirs dont j’ai la vivace mémoire de me souvenir fidèlement et continuellement d’en être, un de ceux-là toujours debout , toujours bien vivants. Aussi « pont vivant », mémoire, parfois déchirée également….Ecoutez là(a) itou.

 

Mais pour ce faire faudrait- il que lui comme bien de nos Politiques actuels sachent qui nous sommes et ce que nous représentons, encore. Egalement en millions de personnes, en France et à l’étranger, avec les générations de descendants, qui, comme je le suis lorsque je vais en Algérie, sont reçus par la Douane algérienne, aux mots de « bienvenu chez vous » ! Et oui….Ils n’ont pas pu vous le dire, à vous, cher Emmanuel.

 

Alors, ne candidatant à rien, je ne fais par la présente qu’affirmer que l’on nous oublie (enterre) bien à tort.

 

Car voyez -vous, cher Emmanuel, entre nous et devant tout le monde, votre expression est une erreur d’estimation sur ce que les Pieds-Noirs sont. C’est-à-dire bien de ceux qui participent aussi, avec leur bagage historique, leurs amertumes, leurs colères, leurs légitimes attentes et revendications, à ces ponts vivants entre les 2 rives de Mare Nostrum, pas à cause de l’Histoire, par l’Histoire. Nous y participons, de générations en générations, depuis 187 ans, chaque jour…Pensez-y puisque mesurant « le poids du passé », vous voyez aussi « l’avenir » ! Allez, en marche.

 

Eric Wagner, 5ème génération de Français d’Algérie, le 14 février 2017.

 

Eric Wagner

 

Eric Wagner, 5ème génération de Français d’Algérie, le 14 février 2017.

 

Un Commentaire

  1. Marianne ARNAUD dit :

    Puisqu’ ici, on a l’air de vouloir se taire sur le sujet, pourquoi ne pas donner la parole à l’un des chefs historiques du FLN algérien, Aït Ahmed Hocine ? En 2005, alors qu’il était réfugié en Suisse, où il devait mourir en 2015, il disait, ainsi que le rapporte Joseph Castano dans un magnifique article de 2011, intitulé : « Et ils partirent vers la terre promise… » :
    « Chasser les Pieds-Noirs a été plus qu’un crime, une faute, car notre chère patrie a perdu son identité sociale…
    N’oublions pas que les religions, les cultures juives et chrétiennes se trouvaient en Afrique bien avant les arabo-musulmans, eux aussi colonisateurs, aujourd’hui hégémonistes. Avec les Pieds-Noirs et leur dynamisme, l’Algérie serait aujourd’hui une grande puissance africaine méditerranéenne. Hélas ! Je reconnais que nous avons commis des erreurs politiques et stratégiques. Il y a eu envers les Pieds-Noirs des fautes inadmissibles, des crimes de guerre envers des civils innocents et dont l’Algérie devra répondre au même titre que la Turquie envers les Arméniens. »
    Et il avait même osé ajouter : « Du temps de la France, l’Algérie, c’était le paradis! »

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