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Esquisse de cartographie politique pour comprendre les présidentielles

Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle de 2017 montrent l’existence de quatre blocs, qui sont de même ordre de grandeur. Certes, deux seulement figurent au second tour, mais les deux suivants ont des scores significatifs, qui disent l’existence d’autres positions.

 

Un siècle et demi de démocratie a habitué les Français à un positionnement politique linéaire :

 

Extrême gauche – Gauche – Centre – Droite – Extrême droite

 

Ce dispositif simple permettait des alliances par proximité, et des pondérations différenciées dans les alliances. Ainsi a vécu la République depuis la Révolution. Il semble que ce modèle soit révolu ; il est en tout cas incapable de rendre compte de la situation présente.

 

Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle de 2017 montrent l’existence de quatre blocs, qui sont de même ordre de grandeur. Certes, deux seulement figurent au second tour, mais les deux suivants ont des scores significatifs, qui disent l’existence d’autres positions.

 

Ces quatre positions se comprennent par deux couples d’oppositions :

 

  • Étatisme / Capitalisme
  • Progressisme / Conservatisme

Je précise tout de suite mon choix sémantique pour le premier couple. Il s’agit de savoir qui détient le pouvoir ultime : le capital ou l’État. Je préfère éviter le mot « libéralisme », trop imprécis et polysémique. D’autre part, le capitalisme est par nature un internationalisme, et l’étatisme suppose une nation, donc cette dichotomie recouvre le rapport à l’Union européenne.

 

Quant au second couple, il faut comprendre par « conservatisme » le personnalisme, c’est-à-dire la reconnaissance des êtres humains dans leur ancrage social et leur dignité individuelle. Il s’oppose au progressisme, qui est l’exaltation de la volonté indépendamment de toute réalité et de toute finalité.

 

On obtient ainsi ces quatre blocs, figurés par leurs représentants (même si ceux-ci n’endossent pas pleinement les idéaux qu’ils captent) :

 

  • Emmanuel Macron : Capitalisme + Progressisme
  • Marine Le Pen : Étatisme + Conservatisme
  • François Fillon : Capitalisme + Conservatisme
  • Jean-Luc Mélenchon : Étatisme + Progressisme

Dans un système majoritaire, il faut nécessairement des alliances stables, et l’élection présidentielle se joue en binaire. Donc on ne pourra pas durablement en rester à quatre positions. Cela signifie qu’un des deux axes va devenir structurant de deux blocs dominants, et que l’autre axe sera internalisé dans ces blocs comme des courants.

 

La question qui se pose est de savoir quel sera l’axe structurant, sachant qu’Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont diamétralement opposés :

 

  • Sera-ce l’axe progressisme/conservatisme ? Ce que semble jouer Emmanuel Macron.
  • Sera-ce l’axe étatisme/capitalisme ? Ce que semble jouer Marine Le Pen.

En toute logique, le vainqueur de l’élection présidentielle fixera la dynamique future. La recomposition politique se fera probablement à partir de là.

 

Dans ce jeu, l’Avant-Garde est plutôt porteur du pôle « conservatisme ». Sous cet angle, nous pourrons avoir soit une place centrale dans le jeu politique si le premier axe l’emporte, soit une place de courant si le second l’emporte.

 

Lucien Chardon

 

5 Commentaires

  1. REYNAUD Marc dit :

    Autant je partage l’analyse en 4 blocs et les postures croisées des 4 candidats, et leur angle privilégié en termes d’approche « politique ».
    Mais cette analyse a besoin d’être affinée car elle ne permet pas de cerner ce que seront les futurs possibles. Je confirme mon analyse dès la sortie du programme de Fillon : où sont les pauvres, les 14% de précaires ? Il faut sortir des qualificatifs et revenir au réel. Les français se moquent de la qualifications des blocs, il s’agit de réduire le chômage et la précarité. Les français veulent une France de Justice et de Paix. Tout le reste ne sont que des discours pour intellectuels. Quels sont les sujets de fonds « clivants »:
    -la promotion de la famille comme premier acteur de justice et de paix
    -la création d’emplois, comme objectif en soi et non comme résultat constaté
    -une Europe sociale de Justice et de Paix, dans une mondialisation régulée
    -une immigration choisie couplée à une politique ambitieuse de codéveloppement
    -un mode de croissance respectueux d’une écologie intégrale dans le respect de l’équilibre homme nature, refusant de faire du profit et de sa servante la technologie des objectifs en soi.
    -des comptes nationaux équilibrés
    Ces enjeux sont systémiques, les réponses sont donc globales.
    Les chefs d’entreprises en cadrant son programme, ont fait perdre Fillon. Les chefs d’entreprise oublient toujours qu’ils ne comptent pas, numériquement parlant, dans une élection. Ils oublient aussi que dans une économie ouverte leur prospérité ne coïncide pas avec le bonheur du peuple.
    Oui à l’économie ordo-libérale à condition qu’elle rime avec « économie sociale ».
    Je reste un « afficionado » de l’Avant-Garde », à condition que l’on revienne aux principes fondateurs : être un think tank politique capable de produire une vision renouvelée et opérationnelle d’un programme politique au service du bien commun et capable de projeter une vision auprès du grand public par une communication multimédias pédagogique. Ce, afin de faire émerger une nouvelle génération de députés pour 2022.

    Marc REYNAUD

  2. E Darche dit :

    Cette analyse est faite sur l’écume des programmes des 4 blocs qui ont fait 20%, pas sur leurs fondamentaux.
    Par cette lecture, le souverainisme est condamné à la caricature du nationalisme et du chauvinisme. Et cette lecture ferait croire que Mélenchon est souverainiste alors qu’il veut revoir les traités européens pour mieux entrer dans une gouvernance mondiale.
    Pendant ce temps, on oublie que même le programme de Macron, présenté comme libéral-libertaire, est en fait une continuation du socialisme avec la dépense publique qui va continuer à augmenter. Un socialisme 2ème gauche : on y accepte que les entreprises créent des emplois pour mieux taxer et créer de la dépense publique.
    Evitons ce piège. Le clivage gauche-droite est toujours d’actualité. Les responsables LR qui rejoignent Macron sont cohérents avec leur manque d’ancrage à droite : pendant leurs 10 ans au pouvoir ils n’ont pas remis en cause le poids démesuré de la dépense publique, ni les lois sociétales et l’immigration de masse, ni bien sûr la « construction » européenne contre la volonté exprimée par le peuple français.
    Macron est donc bien de gauche sur tous les plans. Une opposition crédible à Macron ne viendra pas de postures à la NDA, qui restent dans l’étatisme donc le socialisme (ce qui est également le cas du programme du FN), ni d’une posture uniquement axée sur les valeurs. L’opposition à Macron sera conservatrice dans tous les sens : moins d’Etat nounou, plus de personnalisme et de défense de notre civilisation, plus de subsidiarité. Cela nous libérera tout à la fois du socialisme, de mai-68 et de l’euro.

  3. Guillaume Daudin dit :

    Je ne crois pas que beaucoup de « personnalistes » à la Mousnier accepteraient une définition de celui-ci qui mettrait Marine Le Pen dans leur camp.

  4. Lucien Chardon dit :

    @Marc REYNAUD : Oui, c’est bien l’axe de L’Avant-Garde, que vous résumez avec grande justesse

    @E Darche : il me semble que la « droite » soit tout aussi friande d’Etat que la « gauche ». Aucun responsable politique n’a jamais pratiqué en France la décroissance de l’Etat, et le programme de MLP ne va pas non plus dans ce sens.
    Mais nous sommes d’accord sur le fond : le respect de la personne, donc de ses racines, la libre entreprise, la subsidiarité… L’enjeu est de reconstruire une telle offre politique pour être l’alternative à EM.

    @Guillaume Daudin : certes, MLP endosse très mal l’habit conservateur, et est très loin du personnalisme. Mais son parti contient un courant, certes minoritaire mais ayant quand même quelque poids, qui s’en rapproche. Et c’est le seul parti qui assume un tel courant, puisque le PS a détruit les Possons Roses, et que LR ostracise Sens Commun.

  5. Marianne ARNAUD dit :

    Tel Jean-le-Baptiste annonçant la venue du Christ, dès 2012 Hollande annonçait l’avènement de Macron :

    https://www.youtube.com/watch?v=4jXmdF8MjNo

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