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Un Commentaire

  1. Marianne ARNAUD dit :

    Président,
    Demandez aux femmes d’appelés de la belle époque du Service national (c’est amusant, j’avais écrit : Sévice national !) si le retour à la conscription est une bonne idée ?
    En 1963, mon mari était médecin. A l’expiration de son sursis, il a été appelé par l’armée. Il avait 27 ans. Pendant que j’accouchais, seule, de notre premier fils, il apprenait à marcher au pas à Sathonay-Camp !
    Quand il rejoignit Libourne pour les EOR, je dus renoncer à mon appartement à Lyon, et retourner vivre dans ma famille, à Nice.
    Quand il fut affecté à Rabat dans le cadre de la coopération, je pus le rejoindre avec nos deux enfants (6 ans et 6 mois) l’administration française ayant mis une villa désaffectée à sa disposition. Notre bonheur fut de courte durée ! Trois semaines après mon arrivée, il fut muté en Algérie – pour avoir exigé d’examiner dans une salle d’opération et non dans l’ambulance, comme on le lui demandait, un marocain inconscient sorti d’une geôle – au motif, dixit le colonel Bloch, son chef de service : « Vous ne vous entendez visiblement pas avec les Marocains, il vaut mieux que vous partiez ! »
    Et me voilà seule au Maroc, avec mes deux enfants, attendant la démobilisation. Je reçus bientôt la visite d’un médecin militaire de carrière à qui l’administration avait attribué la villa dans laquelle j’avais été autorisée à rester par protection spéciale de l’ambassade alertée sur mon sort. On me relogea dans un petit appartement.
    Il va sans dire que pendant toute cette période, j’étais à l’entière charge de ma famille. Mieux : ayant pensé que je trouverais un petit pécule auprès de la CAF de Lyon, si je ne réclamais pas mes allocations familiales pendant les 16 mois du Service national, j’appris, à mon retour, qu’elles étaient perdues pour moi !
    Au bout de 16 mois, l’armée avait réussi à transformer un « pupille de la nation » en un antimilitariste avéré. Bel exploit !
    En m’excusant d’avoir abusé de votre temps, je vous adresse, Président, mes salutations très respectueuses.

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